RAYSSE MARTIAL

Galerie Arista

« Je n'ai jamais fait de peinture, j'ai toujours travaillé sur des images. À les transformer, à en tirer un nouveau langage. »

Martial Raysse est un plasticien français né en 1936 à Golfe-Juan (Alpes Maritimes). Il vit et travaille à Issigeac (Dordogne).

Il commence par réaliser des assemblages de détritus et d'objets divers présentés dans des boîtes de plexiglas. En 1958, il participe à une exposition de groupe, en présence de Jean Cocteau. En quelques années, il devient l'un des meilleurs peintres abstraits sur la Côte d'Azur et ses œuvres atteignent une excellente cote lorsqu'il remet sa carrière en question. Fasciné par la beauté brute du plastique, il écume les grands magasins à prix uniques et développe son concept « d'hygiène de la vision » qui met en jeu des objets neufs en plastique de la nouvelle société de consommation : « J'ai voulu un monde neuf, aseptisé, pur et au niveau des techniques utilisées, de plain-pied avec le monde moderne. » Le succès est au rendez-vous : un quart d'heure avant l'ouverture de son exposition à Milan en 1961, toutes ses œuvres en plastique sont vendues à des collectionneurs.

Il séjourne aux États-Unis où il se rapproche du Pop art américain et fait partie, dès sa fondation en 1960, du mouvement des Nouveaux réalistes. Raysse peut alors être défini comme « un peintre de la vie moderne ».

Dès 1965, le Stedelijk Museum d'Amsterdam lui consacre une exposition rétrospective. L'année suivante, il réalise avec Niki de Saint-Phalle et Jean Tinguely les décors d'un ballet de Roland Petit. À la biennale de Venise en 1966, il obtient le prix David Bright, réservé aux artistes âgés de moins de quarante-cinq ans.

Les événements de mai 1968 conduisent l'artiste à une importante réflexion sur la nature de l'œuvre d'art, dont il dénonce notamment la dégradation en marchandise. Au seuil des années 1970, Raysse accomplit une véritable révolution esthétique, assez unique dans l'histoire de l'art du XXème siècle, et que l'on peut rapprocher de celle du peintre français Jean Hélion. Il se consacre au cinéma, en réalisant notamment Camembert extra-doux (1969) et un long métrage, Le Grand Départ, en 1970, au titre prophétique. Il entreprend alors de « commencer à vivre ».

L'esthétique qu'il met progressivement en place à partir de 1972 est en totale rupture avec les œuvres pop de la période précédente. Raysse s'adonne notamment à la pratique du dessin d'après nature

Simultanément, il entreprend un travail de sculpteur, dans un premier temps à l'aide de matériaux pauvres (papier mâché, pâte à pierre, papier kraft) puis à plus grande échelle, en ayant recours à la technique traditionnelle de la fonte en bronze à cire perdue.

À la faveur de nombreuses commandes publiques, et sous l'impulsion du maire de Nîmes Jean Bousquet voulant allier passé et modernisme, il réalise dans les années 1980 deux fontaines à Nîmes, tout d'abord en 1987 avec la place du Marché et sa fontaine représentant l'emblème de Nîmes et puis en 1989 il redessine intégralement la place d'Assas, il y ajoute un monumental cours d'eau représentant Némausus et Némausa les fondateurs de la ville de Nîmes.

Par la suite des mosaïques à Paris, place d'Iéna (dans les métopes du bâtiment du Conseil économique et social construit par Auguste Perret).

Une importante rétrospective de son œuvre (peinture, sculpture et cinéma) a lieu en 1992 à la Galerie nationale du Jeu de Paume à Paris. En 1997, le Centre Georges-Pompidou expose quarante ans de travail graphique. Une exposition a lieu en Chine du 24 octobre au 12 novembre 2000 à l'Institut central des Beaux-Arts de Beijing.