HAINS RAYMOND

Galerie Arista

Raymond Hains est un artiste plasticien français, né à Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) en 1926 et mort à Paris en 2005. Après avoir travaillé, comme son ami Jacques Villeglé, sur les affiches lacérées et cocréé le Nouveau réalisme il prend ses distances avec ce mouvement pour poursuivre une recherche personnelle autour des calembours et autres jeux de langage, qu'il utilise comme révélateurs de rapports cachés unissant des éléments disparates.

En 1946, il réalise ses premières photos abstraites en multipliant les images par des jeux de miroirs et l'année suivante, il met au point un objectif en verre cannelé qui lui permet de faire éclater l'image en formes non figuratives. Il expose ces « photographies hypnagogiques » en 1949 à la Galerie Colette Allendy et réalise un film d'animation avec Villeglé.

La même année, ayant photographié des affiches lacérées, il s'intéresse aux motifs abstraits qu'elles comportent et en découvre l'impact plastique. Il entreprend de les collecter en les sélectionnant selon les possibilités de « recadrage » qu'elles présentent. Il privilégie notamment les affiches politiques (série La France déchirée, 1949- 1961) et organise des accrochages où transparaît son goût pour le calembour et les jeux verbaux (Loi du 29 juillet 1881, 1957) ; Palissade aux emplacements réservés, première Biennale de Paris1959 comme participant au Groupe des Informels, groupe réuni par Georges Noël. Progressivement, il présente des morceaux de tôle où ne subsistent que quelques rares lambeaux de papier.

C'est tout naturellement qu'avec Villeglé, Raymond Hains crée le mouvement Des Nouveaux réalistes en 1960. Il expose le « Néo Dada emballé » en 1963 au Salon Comparaisons. Son goût pour les jeux de langage – ses auteurs préférés sont Raymond Roussel et le marquis de Bièvre – et pour les emboîtements conceptuels inattendus l'entraînent vers de nouveaux horizons.

À partir de 1964, il effectue de nombreux séjours en Italie, notamment avec Gerard Deschamps, où il réalise des agrandissements de boîtes et de pochettes d'allumettes.

« Roi du calembour métaphysique » (Iris Clert), ses images allient références culturelles, objets courants et noms propres pour jeter des ponts entre la banalité du quotidien et l'univers de la création : ses photos concernent galeries d'art (L'art à Vinci, galerie Lara Vincy, 1976 ; L'âne vêtu de la peau de lion, la galerie del Leone ; La manne de San Andrea, galerie San Andrea ; Hommage au marquis de Bièvre, Fondation Cartier ; Pâris-Paris, Troyes ; Guide des collections permanentes ou mises en plie, Centre Georges-Pompidou ; etc.), grands magasins (vitrines d'outillage du BHV), code-barres, biscuits au beurre ou l'histoire du nouveau réalisme.

Raymond Hains a participé à de nombreuses manifestations internationales dont la « Documenta IV » à Kassel, les expositions « Paris-Paris » et « Paris-New York » au Centre Georges-Pompidou, « Westkunst » et « Bilderstreit » à Cologne etc. Il est représenté dans de nombreux musées en France et à l'étranger. Il est récompensé par le prix Kurt Schwitters en 1997. Plusieurs chapitres lui ont été consacrés dans les ouvrages de Pierre Restany ("Le Nouveau réalisme", nouv. éd. 2006, Transédition) ou de Jacques Villeglé ("La Traversée Urbi & Orbi", Transédition).