CHUBAC ALBERT

Galerie Arista

Albert Chubac, né en 1925 à Genève et mort en 2008, est un peintre et sculpteur suisse. Titulaire d'un diplôme d'art décoratif obtenu en 1945 à Genève, son œuvre débute par de la figuration, avant de s'orienter vers l'abstraction. Il a été l'une des figures de l' Ecole de Nice.

De retour à Paris, il découvre, grâce notamment à l’écrivain et critique d’art Pierre Courthion, l’ art abstrait à travers les œuvres de Nicolas de Staël, qu'il rencontre en 1949. Celui-ci aura une influence majeure sur son travail, jusqu’ici inspiré de Braque, Joan Miro, Henri MatisseFernand Léger et surtout Pierre Bonnard.

Après l’Algérie et l'Espagne,d’autres périples autour de la Méditerranée déterminent chez Chubac toute son œuvre à venir (palette des couleurs, références picturales) Il effectue un séjour en Italie, puis passe huit mois dans un atelier d'artiste en Grèce, à Mykonos. Il commence l’exécution de grands aplats sur papier épais de couleur gris-beige et de séries d’aquarelles à petites taches. En 1950, l'écrivain grec Spiteris, appréciant l’œuvre de Chubac qui dépeint la vie quotidienne du peuple grec, organise une exposition à Athènes, au musée Zappion. La même année, Chubac décide de quitter la Grèce et s’embarque pour le Caire. Il partage la vie quotidienne des Égyptiens en compagnie d'un père jésuite qui sillonne les villages, aux abords du Nil jusqu’en Haute-Égypte. Son travail sera dès lors fortement influencé par l’Antiquité égyptienne et ses grands aplats colorés.

1952 marque son retour en Suisse, à Genève et à Paris. Au cours d’une visite dans le sud de la France, il installe son atelier dans une petite maison près du village d’Aspremont à quelques kilomètres de Nice et décide d’y venir tous les étés. Durant cette période, sa peinture est abstraite, fortement influencée par les peintres Nicolas de StaëlHans Hartung et Georges Mathieu. Il s’essaye alors à une peinture gestuelle avec des bombes à dispersion.

Il séjourne de 1954 à 1955 à Londres puis s’installe à Chelsea. Ses bonnes relations avec Sir Alexander Fleming, le biologiste, qu’il rencontre quelques mois avant la mort de ce dernier, lui permettent de vendre de petits collages « informels ». Au court d’un séjour sur la Côte d’Azur, il rencontre les peintres Martial Raysse et Claude Gilli.


Dès 1958, les œuvres de Chubac s’éloignent d’un certain néo-classicisme pour se rapprocher de l’esprit du Nouveau réalisme. Il réalise des sculptures en fil de fer et boîtes de conserve, ainsi qu'avec toutes sortes de matériaux de récupération.

Ben (Benjamin Vautier), qui vient d’ouvrir en octobre son premier magasin/galerie à Nice, le « Laboratoire 32 », l’invite à participer à son exposition "Scorbut" avec Claude Gilli et Martial Raysse. Sans jamais appartenir à un groupe particulier, Albert Chubac suit la mouvance de l’École de Nice et prend part à de nombreuses expositions.

En 1960, Chubac décide de s’installer définitivement à Aspremont. Cette même année, il rencontre un marchand américain, Hubert Meyer, qui aime son travail et décide de l’exposer à New York. Albert Chubac est alors le premier artiste de l’École de Nice à être exposé aux États-Unis. Il participe ensuite à l’exposition "Impact" à Céret ainsi qu'à des expositions à Nice, Lyon et Paris qui consacrent l’École de Nice.

En 1963, il réalise une série de tableaux intégrant des roues de bicyclette puis, abandonnant la toile, consacre son travail à la réalisation de structures modifiables, évoluant dans l’espace. Formes et couleurs prennent vie à travers des matériaux aussi différents que le bois, le carton, et un peu plus tard le plexiglas. Il utilisera de préférence le bois pour les "sculptures" et cartons et ficelles pour les nombreux "collages" en relief, en conservant toujours la prédominance de ses couleurs pures.

2008 : Albert Chubac décède le 4 mai, à l’âge de 88 ans