CHAPALAIN

Galerie Arista

Quatres grands thèmes se dégagent de ses travaux :

BATTLEDRESSES

Traduction littérale : robe de combat

La société évolue mais la parité a encore du mal à s'installer. Les femmes pour pouvoir siéger dans les conseils d'administration, être reconnue en politique auraient besoin d'une armure pour "batailler" d'égal à égal avec les représentants du soit disant sexe fort.

Le couturier a sa paire de ciseaux de tailleur, son fil et son aiguille, Chapalain a ses cisailles, sa tôle, ses rivets et ses vis autoforeuses. L'illusion fait que l'on croit que ces robes se portent, mais il n'en est rien, Chapalain invite les femmes à les revêtir virtuellement.

La texture est aussi importante, la tôle rivetée comme les avions que pilotaient des femmes comme Jackie Cochran, Jacqueline Auriol, Amelia Earthart, Virginie Guyot souvent avec l'avis défavorable de beaucoup d'hommes. L'imaginaire de Paco Rabanne l'a inspiré grandement.

L ' ANTHROPOMIMETISME

Sous ce nom barbare se cache l'opposé du biomimétisme. Ce travail a été pour Chapalain déclencheur de sa démarche artistique. Adolescent son père, l'emmenait pêcher le maquereau, ce splendide poisson aux formes hydrodynamiques épurées. Il était aussi régulièrement son jeune assistant photographe, utile surtout quand il réalisait des prises de vues aériennes, avant de monter dans l'avion ou l'hélicoptère, il adorait accompagner le pilote pour vérifier le bon fonctionnement des gouvernes, du train d'atterrissage, des tubes pitots... et ne pouvait s'empêcher de faire le rapprochement entre les formes de l'aéronef et celles du poisson.

Ce qu'il regardait assidûment à la télévision était les aventures sous-marines de Jacques Yves Cousteau et de son équipe. Avec ces superbes images de poissons et de mammifères marins pélagiques bercées par la voix poètique du célèbre explorateur philosophe plongeur. Il nous avertissait déjà du danger que les hommes infligent à la nature. L'humain, dans sa perpétuelle recherche du progrés s'est toujours inspiré de l'ingéniosité de la nature (biomimétisme).

A l'opposé des animaux, qui pour survivre s'adaptent au progrés scientifique (cela pourrait s'appeler anthropomimétisme, à ne pas confondre avec l'anthropologie mimétique). Charles Darwin a été témoin de la révolution industrielle, mais n'a pas imaginé les dommages collatéraux engendrés par cette évolution humaine. L'anthropomimétisme pourrait être un nouveau chapitre de sa théorie de l'évolution.

Ainsi Chapalain construit des requins, espadons, dauphins en aluminium riveté, allant même jusqu'à les immerger pour une séance photographique.

En 2007, il a réalisé une mosaïque utilitaire, la Catena Alimentare, littéralement chaîne alimentaire, symbolisant la fragile chaîne de la vie sous-marine, qui ne doit pas être rompue.

METALITHES

Dans l'histoire de l'architecture, se détachent trois formes qui ont une symbolique commune :

Le menhir, de la période néolithique, était une sorte de marqueur vertical, une empreinte d'une tribu sur une terre, aussi pour impressionner le clan voisin qui répondait par l'érection d'un monolithe plus imposant. La taille de ces blocs était de quelques mètres.

Le clocher, le campanile dont chaque ville se devait d'avoir plus haut que le voisin où l'apogée est le moyen âge, la hauteur de ces édifices est de plusieurs dizaines de mètres.

Le gratte-ciel, toujours plus haut, plus fou, dont l'unité de mesure est la centaine de mètres, l'objectif à atteindre est le kilomètre vertical !

Chapalain a grandi dans un petit village du bord de mer où la maison familiale est située à égale distance du célèbre menhir de Saint Uzec et du célèbre radome ( radar dome) implanté dans le Centre de Télécommunications Spatiales. Ces deux formes chronologiquement opposées ont marqué son esprit à jamais.

Il a alors commencé ses constructions les Métalithes ; formes anciennes avec une texture futuriste. Au néolithique, les pierres levées étaient aussi des lieux de rencontre, de cérémonies, de fêtes. Beaucoup de ces pierres sont gravées de symboles encore mal déchiffrés. Sur les Métalithes, Chapalain a imaginé aposer des marques, des logos, des symboles lumineux empruntés à notre environnement médiatique. De nouvelles religions apparaissent comme autant de rites païens avec leurs dieux que l'on retrouve avec les sports de masse, la télévision, la publicité par exemple. Parmi les artistes qui l'ont inspiré le plus dans ce thème, il y a Henry Moore avec ses formes douces, ses trilithes, Anish Kapoor avec ses monolithes-miroirs et surtout Richard Serra avec ses plaques d'acier cor-ten.